Tramactil® Uno comprimés à libération modifiée
Analgésique à action centrale avec effet prolongé sur 24 heures
Composition
Principes actifs
Tramadoli hydrochloridum
Excipients
Poly(acétate de vinyle), povidone K30, laurylsulfate de sodium (équivalent à 0,09 mg de sodium par comprimé de 100 mg, 0,10 mg de sodium par comprimé de 200 mg et 0,14 mg de sodium par comprimé de 300 mg), dioxyde de silicium hautement dispersé, gomme xanthane, huiles végétales hydrogénées, phosphate de diamidon hydroxypropylé, stéarate de magnésium.
Forme pharmaceutique et quantité de principe actif par unité
1 comprimé à libération modifiée de Tramactil Uno contient 100 mg, 200 mg ou 300 mg de chlorhydrate de tramadol.
Indications/Possibilités d’emploi
Douleurs prolongées d’intensité modérée à forte ou lorsque l’efficacité des analgésiques non opioïdes est insuffisante.
Posologie/Mode d’emploi
La posologie et la durée du traitement dépendent de l’intensité des douleurs et doivent être adaptées individuellement.
Prendre les comprimés 1 fois par jour à 24 heures d’intervalle avec un peu de liquide.
Prendre les comprimés en entier avec suffisamment de liquide, ne pas les fractionner ni les mâcher. Prendre les comprimés de préférence le soir sans nourriture, car un repas riche en graisses provoque une réduction de l’effet retard et une augmentation des concentrations plasmatiques.
Les comprimés Tramactil Uno une fois par jour sont disponibles en différents dosages. Pour obtenir la dose nécessaire, choisir le dosage des comprimés correspondants.
Instructions posologiques particulières
Adultes et adolescents (dès 12 ans)
La dose initiale est de 1 comprimé Tramactil Uno 100 (100 mg) 1 fois par jour. La dose habituelle est de 1 comprimé Tramactil Uno 200 (200 mg) 1 fois par jour. Si l’effet analgésique est insuffisant, la dose peut être augmentée par paliers de 100 mg jusqu’à 300 mg 1 fois par jour ou, au maximum, 400 mg 1 fois par jour.
Par principe, il convient de choisir la dose analgésique efficace la plus faible. Une dose journalière de 400 mg de tramadol ne doit pas être dépassée, sauf dans des situations cliniques particulières.
L’augmentation du dosage doit se faire lentement pour réduire les effets secondaires passagers.
Lors du passage d’une préparation de tramadol à libération normale aux comprimés Tramactil Uno, la dose journalière sera calculée et le traitement sera instauré à la posologie de comprimés Tramactil Uno la plus proche de cette dose (passage 1:1). Une titration du dosage peut s’avérer nécessaire par la suite.
Tramactil Uno une fois par jour ne doit pas être utilisé plus longtemps qu’absolument nécessaire. Si, vu le genre et la gravité de la maladie, un traitement analgésique prolongé s’avère nécessaire, il faut contrôler minutieusement et à intervalles réguliers (au besoin en interrompant le traitement pendant un certain laps de temps) si le traitement est encore nécessaire.
Enfants (de moins de 12 ans)
Tramactil Uno une fois par jour n’est pas recommandé pour le traitement des enfants (de moins de 12 ans).
Patients âgés
Il n’est généralement pas nécessaire d’adapter la dose chez des patients âgés (jusqu’à 75 ans) sans insuffisance hépatique ou rénale cliniquement manifeste. L’élimination du tramadol peut être ralentie chez les patients de plus de 75 ans. Un allongement de l’intervalle entre les prises peut s’avérer nécessaire chez ces patients.
Insuffisance rénale, dialyse et insuffisance hépatique
Chez les patients présentant une insuffisance rénale ou hépatique, l’élimination du tramadol peut être retardée. Un allongement de l’intervalle entre les prises doit être envisagé chez ces patients.
Tramactil Uno une fois par jour n’est pas recommandé chez les patients présentant une insuffisance hépatique ou rénale grave (clairance de la créatinine < 10 ml/min, voir «Contre-indications»). La prudence est de rigueur chez les patients présentant une insuffisance hépatique ou rénale modérée (clairance de la créatinine < 30 ml/min) (voir «Pharmacocinétique»).
Contre-indications
Hypersensibilité connue au tramadol, intoxications aiguës ou surdosage par l’alcool, les analgésiques, les somnifères ou les psychotropes. Les inhibiteurs de la MAO et les comprimés Tramactil Uno ne doivent pas être administrés simultanément. Les comprimés Tramactil Uno sont contre-indiqués chez les patients qui ont pris un inhibiteur de la MAO (sélégiline incluse) dans les 14 jours précédents.
- Insuffisance hépatique ou rénale grave (clairance de la créatinine < 10 ml/min).
- Epilepsie ne pouvant pas être suffisamment contrôlée par un traitement (voir «Mises en garde et précautions»).
- Ne pas utiliser le tramadol pendant la période d’allaitement si le traitement se prolonge au-delà de 2 à 3 jours (voir «Grossesse, Allaitement»).
Bien que le tramadol soit un agoniste des opioïdes, il ne peut pas supprimer les symptômes de sevrage de la morphine. Les comprimés de Tramactil Uno ne doivent pas être administrés comme substituts aux drogues.
Mises en garde et précautions
La consommation d’alcool n’est pas recommandée pendant le traitement par tramadol. Un traitement simultané par la carbamazépine n’est pas recommandé (voir «Interactions»).
Le tramadol présente un faible potentiel de dépendance. En cas d’usage prolongé, une tolérance ainsi qu’une dépendance psychique et/ou physique peuvent toutefois se développer. En raison du potentiel de dépendance et de sevrage, il faut contrôler à intervalles réguliers si le traitement analgésique en continu est encore nécessaire.
Chez les patients ayant tendance à abuser ou à dépendre des médicaments, un traitement par tramadol sera effectué uniquement pour une courte durée de temps et sous contrôle médical strict.
Le tramadol n’est pas approprié au traitement de substitution lors de dépendance aux opioïdes. Bien que le tramadol soit un agoniste des opioïdes, il ne peut supprimer les symptômes de sevrage de la morphine.
Le tramadol doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant un risque de dépression respiratoire ou prenant des médicaments susceptibles de déclencher une dépression respiratoire (médicaments exerçant un effet dépresseur sur le SNC).
Le tramadol doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant un traumatisme crânien, une augmentation de la pression intracrânienne, une insuffisance hépatique ou rénale, un état de choc, une altération de l’état de conscience (d’origine inconnue), des troubles du centre respiratoire ou de la fonction respiratoire, et chez les patients diabétiques (à cause du risque d’hypoglycémie).
Ne convient pas aux enfants de moins de 12 ans.
Le risque de crises convulsives est accru lorsque le tramadol est administré à une dose supérieure à la dose journalière recommandée (400 mg). Des crises convulsives ont été rapportées chez des patients recevant du tramadol aux doses recommandées. Les patients bénéficiant d’un traitement contrôlant leur épilepsie ou susceptibles de présenter des crises convulsives ne doivent être traités par tramadol qu’en cas de nécessité absolue. Le risque de crises convulsives est accru lors de la prise simultanée d’autres médicaments abaissant le seuil épileptogène (voir «Interactions»).
Les opioïdes peuvent provoquer des troubles respiratoires liés au sommeil, notamment l’apnée centrale du sommeil (ACS) et l’hypoxémie liée au sommeil. Le risque d’ACS augmente en fonction de la dose d’opioïdes utilisée. Chez les patients présentant une ACS, une diminution de la dose totale d’opioïdes doit être envisagée.
Les antalgiques opioïdes peuvent occasionnellement provoquer une insuffisance surrénalienne réversible nécessitant une surveillance et un traitement de substitution par glucocorticoïde. Les symptômes d'insuffisance surrénale aiguë ou chronique peuvent inclure par ex. douleur abdominale sévère, nausées et vomissements, hypotension artérielle, fatigue extrême, diminution de l’appétit et perte de poids.
Le syndrome sérotoninergique, une affection potentiellement mortelle, a été rapporté chez des patients traités par le tramadol en association avec d’autres agents sérotoninergiques ou par le tramadol seul (voir «Interactions», «Effets indésirables» et «Surdosage»).
Si un traitement concomitant avec d’autres agents sérotoninergiques est justifié sur le plan clinique, il est conseillé d’observer attentivement le patient, tout particulièrement pendant l’instauration du traitement et les augmentations de dose.
Les symptômes du syndrome sérotoninergique peuvent comprendre des modifications de l’état mental, une instabilité autonome, des anomalies neuromusculaires et/ou des symptômes gastro-intestinaux.
En cas de suspicion de syndrome sérotoninergique, une réduction de dose ou un arrêt du traitement devra être envisagé(e) en fonction de la gravité des symptômes. Le retrait des médicaments sérotoninergiques apporte généralement une amélioration rapide.
Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par comprimé prête à l’emploi, c’est-à-dire qu’il est essentiellement «sans sodium».
Interactions
Ne pas associer le tramadol aux inhibiteurs sélectifs ou non sélectifs de la MAO. L’apparition d’un syndrome sérotoninergique (diarrhée, tachycardie, sueur, tremblements, confusion mentale et coma) est possible (voir «Contre-indications»).
Linézolide: les expériences acquises lors du traitement par des inhibiteurs non sélectifs de la MAO indiquent un risque d’apparition d’un syndrome sérotoninergique: diarrhée, tachycardie, sudation, tremblements, confusion et coma.
L’administration concomitante d’agonistes-antagonistes mixtes (buprénorphine, nalbuphine) et de tramadol n’est pas recommandée en raison de la possibilité théorique d’une diminution de l’effet analgésique de l’agoniste pur par le blocage compétitif des récepteurs avec risque d’apparition de symptômes de sevrage.
L’alcool renforce l’effet sédatif des analgésiques opioïdes. L’obnubilation qui en résulte peut présenter un risque lors de la conduite d’un véhicule ou de l’utilisation de machines.
Les patients ne doivent pas consommer de boissons alcoolisées ni utiliser des médicaments contenant de l’alcool pendant le traitement par le tramadol (voir «Effets indésirables»).
Carbamazépine (inducteur enzymatique): réduction possible des concentrations plasmatiques de tramadol et de son métabolite pharmacologiquement actif avec pour conséquence une réduction de l’effet analgésique.
Naltrexone: l’utilisation de tramadol avec la naltrexone peut conduire à une réduction de l’effet analgésique. La dose analgésique peut si nécessaire être augmentée.
Les dérivés morphiniques (y compris antitussifs et traitements de substitution) ainsi que les benzodiazépines et les barbituriques sont associés à un risque élevé de dépression respiratoire qui peut avoir une issue fatale en cas de surdosage.
D’autres médicaments exerçant un effet dépresseur sur le SNC tels que les analgésiques opioïdes, les barbituriques, les benzodiazépines, les antidépresseurs sédatifs, les antihistaminiques H1 sédatifs, les anxiolytiques autres que les benzodiazépines, les somnifères, les neuroleptiques, les antihypertenseurs à action centrale, la thalidomide et le baclofène sont associés à un risque accru de dépression du système nerveux central. En raison de la diminution des capacités de réaction, la conduite de véhicules et l’utilisation de machines peuvent être dangereuses.
Le tramadol peut provoquer des convulsions et augmenter le potentiel épileptogène des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN), des antidépresseurs tricycliques, des antipsychotiques et des autres médicaments abaissant le seuil épileptogène (tels que le bupropion, la mirtazapine et le tétrahydrocannabinol).
L’usage thérapeutique concomitant de tramadol et de médicaments sérotoninergiques, tels que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN), les inhibiteurs de la MAO (voir «Contre-indications»), les antidépresseurs tricycliques et la mirtazapine peuvent causer un syndrome sérotoninergique, une affection potentiellement mortelle (voir «Mises en garde et précautions» et «Effets indésirables»).
Venlafaxine: risque de convulsions et/ou de syndrome sérotoninergique
La prudence est de mise en cas d’administration concomitante de tramadol et de dérivés de la coumarine (p. ex. warfarine), car une élévation de l’INR et des ecchymoses ont été observées chez certains patients.
Grossesse, Allaitement
Grossesse
Les études sur l’animal menées avec le tramadol à des doses très élevées ont mis en évidence des effets sur le développement des organes, la croissance des os et la mortalité néonatale. Aucun effet tératogène n’a été observé. Le tramadol passe la barrière placentaire. On ne dispose pas de preuves suffisantes de l’innocuité du tramadol pendant la grossesse chez l’être humain. En conséquence, Tramactil Uno ne doit pas être utilisé chez les femmes enceintes.
Le tramadol n’influence pas la contractilité de l’utérus avant ou pendant l’accouchement. Il peut conduire à une modification de la fréquence respiratoire du nouveau-né, en général sans pertinence clinique.
Allaitement
Environ 0,1% de la concentration plasmatique du tramadol chez la mère est éliminé dans le lait maternel. Tramactil Uno ne doit pas être utilisé chez les femmes qui allaitent.
Fertilité
Au cours de la surveillance post-marketing, quelques cas d’anomalies des spermatozoïdes et d’hypogonadisme ont été signalés. Cependant, aucune relation de causalité n’a pu être établie. L’expérimentation animale n’a montré aucun effet du tramadol sur la fertilité.
Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines
Même employé selon les recommandations, le tramadol peut modifier la faculté de réaction. L’aptitude à participer activement à la circulation routière ou à utiliser des machines peut être entravée. Cet effet est renforcé lors de l’ingestion simultanée d’alcool ou d’autres substances psychotropes.
Effets indésirables
Fréquences
Très fréquents | >1/10 |
Fréquents | <1/10, >1/100 |
Occasionnels | <1/100, >1/1000 |
Rares | <1/1000, >1/10 000 |
Très rares | <1/10 000 |
Fréquence inconnue | Ne peut être évaluée sur la base des données disponibles |
Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés sont des nausées et des vertiges.
Affections du système immunitaire
Rares: réactions allergiques (p. ex. dyspnée, bronchospasme, «sifflement» respiratoire, œdème de Quincke) et anaphylaxie.
Troubles du métabolisme et de la nutrition
Rares: troubles de l’appétit.
Fréquence inconnue: hypoglycémie.
Affections psychiatriques
Rares: hallucinations, troubles du rythme des phases de sommeil, cauchemars.
Fréquence inconnue: anxiété.
Après. l’administration de tramadol, on peut observer dans de rares cas différents événements indésirables psychiques dont l’intensité et la nature varient d’un patient à l’autre (en fonction de la réponse individuelle et de la durée du traitement). Il s’agit de troubles de l’humeur (habituellement une euphorie, occasionnellement une dysphorie), de modifications de l’activité (habituellement une diminution de l’activité, occasionnellement une augmentation) et de modifications des capacités cognitives et sensorielles (p. ex. la capacité décisionnelle, des troubles de la perception). Une dépendance peu apparaître.
Des symptômes de sevrage semblables à ceux observés à l’arrêt des opiacés peuvent survenir, p. ex. agitation, anxiété, nervosité, insomnie, hyperkinésie, tremblements et symptômes gastro-intestinaux. D’autres symptômes de sevrage comprenant attaques de panique, anxiété intense, hallucinations, paresthésies, acouphènes et autres troubles du SNC ont également été rapportés.
Affections du système nerveux
Très fréquents: vertiges (14%).
Fréquents: céphalées.
Rares: paresthésies, tremblements, convulsion, état confusionnel.
La survenue d’une convulsion s’observe essentiellement après l’administration de fortes doses de Tramactil Uno ou après un traitement concomitant par des médicaments abaissant le seuil épileptogène ou provoquant des convulsions (voir «Contre-indications», «Mises en garde et précautions»).
Fréquence inconnue: somnolence, syndrome sérotoninergique.
Affections oculaires
Rares: vision trouble.
Affections cardiaques
Occasionnels: effet sur la régulation cardiovasculaire (palpitations, tachycardie). Ces effets indésirables peuvent survenir en particulier après une administration intraveineuse et lors d’un effort physique.
Rares: bradycardie, élévation de la pression artérielle.
Affections vasculaires
Occasionnels: effet sur la régulation cardiovasculaire (hypotension orthostatique ou collapsus circulatoire). Ces effets indésirables surviennent notamment après une administration intraveineuse et lors d’un effort physique.
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales
Rares: dépression respiratoire. Cet effet indésirable peut survenir lorsque la quantité administrée est largement supérieure à la dose recommandée et en cas d’administration concomitante d’autres médicaments dépresseurs du SNC.
Fréquence inconnue: hoquet
L’aggravation d’un asthme a été signalée, bien qu’une relation de causalité n’ait pas pu être établie.
Affections gastro-intestinales
Très fréquents: nausées (15%).
Fréquents: vomissements, constipation, sécheresse de la bouche.
Occasionnels: irritation du tractus gastro-intestinal (p. ex. symptômes abdominaux, flatulences).
Affections hépatobiliaires
Des cas isolés font état d’une augmentation des enzymes hépatiques pendant l’utilisation thérapeutique de tramadol.
Affections de la peau et du tissu sous-cutané
Fréquents: hyperhidrose.
Occasionnels: réactions cutanées (p. ex. prurit, éruption cutanée, urticaire).
Affections musculo-squelettiques et du tissu conjonctif
Rares: faiblesse musculaire.
Affections du rein et des voies urinaires
Rares: troubles mictionnels (dysurie et rétention urinaire).
Troubles généraux et anomalies au site d’administration
Fréquence inconnue: fatigue.
L’annonce d’effets secondaires présumés après l’autorisation est d’une grande importance. Elle permet un suivi continu du rapport bénéfice-risque du médicament. Les professionnels de santé sont tenus de déclarer toute suspicion d’effet secondaire nouveau ou grave via le portail d’annonce en ligne ElViS (Electronic Vigilance System). Vous trouverez des informations à ce sujet sur www.swissmedic.ch.
Surdosage
Signes et symptômes
En principe, lors d’une intoxication par tramadol, des symptômes analogues à ceux provoqués par d’autres analgésiques à action centrale (opioïdes) apparaissent. Il s’agit en particulier d’un myosis, de vomissements, d’un collapsus cardiovasculaire, de troubles de la conscience allant jusqu’au coma, de convulsions et d’une dépression respiratoire allant jusqu’à l’arrêt respiratoire.
Le syndrome sérotoninergique a également été rapporté.
Traitement
Prendre les mesures d’urgence générales, y compris le maintien des fonctions respiratoire et circulatoire.
Evacuer le contenu de l’estomac en provoquant des vomissements (chez le patient conscient) ou par aspiration. Un lavage gastrique peut être envisagé si le surdosage est récent. Cette mesure ne doit pas retarder l’administration (répétée) de charbon actif pour éviter l’absorption du tramadol. L’antidote en cas de dépression respiratoire est la naloxone. L’utilisation de naloxone comporte le risque d’une augmentation des convulsions. En expérimentation animale, la naloxone n’a exercé aucun effet sur les convulsions. Dans de tels cas, du diazépam doit être administré par voie intraveineuse.
Le tramadol n’est que faiblement éliminé du plasma par hémodialyse ou par hémofiltration. Le traitement d’une intoxication aiguë au tramadol par hémodialyse ou hémofiltration seule n’est donc pas approprié.
Propriétés/Effets
Code ATC
N02AX02
Mécanisme d’action
Le tramadol est un analgésique opioïde à action centrale. Il s’agit d’un agoniste pur et non sélectif des récepteurs morphiniques µ, d et K avec une affinité plus élevée pour les récepteurs µ. D’autres mécanismes qui contribuent à l’effet analgésique du produit sont l’inhibition de la recapture neuronale de noradrénaline et l’augmentation de la libération de sérotonine.
Pharmacodynamique
Le tramadol a un effet antitussif. A l’inverse de la morphine, une large gamme de doses analgésiques de tramadol ne présente pas d’effet dépresseur respiratoire. La puissance du tramadol est de 1/10 à 1/6 de celle de la morphine.
Efficacité clinique
Aucune donnée pertinente n’est disponible.
Pharmacocinétique
Absorption
Tramactil Uno une fois par jour est pratiquement entièrement résorbé après une prise orale unique (> 90%).
La biodisponibilité absolue atteint environ 70%, indépendamment de la prise de nourriture. L’effet de premier passage après administration par voie orale se situe à un maximum de 30%.
Après une dose unique de Tramactil Uno située entre 100 mg et 300 mg, l’absorption, mesurée par l’AUCO_oo et la Cmax, augmente de manière légèrement surproportionnelle. Après la prise à jeun d’une dose unique de Tramactil Uno 200 mg, une concentration plasmatique maximale moyenne (Cmax) de 196 ± 58 ng/ml est mesurée après environ 5 heures (tmax). Après l’administration à jeun répétée de Tramactil Uno 200 mg, la Cmax moyenne était de 235 ng/ml; elle était de 358 ng/ml après la prise d’un repas riche en graisses.
Distribution
Le tramadol montre une grande affinité pour les tissus (volume de distribution = 203 ± 40 l). La liaison aux protéines plasmatiques est d’environ 20%.
Le tramadol traverse la barrière hémato-encéphalique et le placenta. De très faibles quantités du principe actif et de son dérivé O-déméthylé ont été décelées dans le lait maternel (resp. 0,1 % et 0,02 % de la dose administrée).
Métabolisme
Chez l’être humain, le tramadol est principalement métabolisé par déméthylation en N et O ainsi que par conjugaison des produits O-déméthylés avec l’acide glucuronique. Seul le tramadol O-déméthylé est pharmacologiquement actif. Des différences quantitativement considérables existent d’un patient à l’autre pour les autres métabolites. Jusqu’à présent, 11 métabolites ont été identifiés dans l’urine. Selon les expériences animales, l’efficacité du tramadol O-déméthylé dépasse celle de la substance-mère d’un facteur 2 à 4. Sa demi-vie d’élimination (6 sujets sains) est de 7,9 h (intervalle 5,4 à 9,6 h) et se situe dans le même ordre de grandeur que celle du tramadol. L’inhibition de l’un ou des deux cytochromes CYP3A4 et CYP2D6 participant à la biotransformation du tramadol peut modifier la concentration plasmatique du tramadol ou de l’un de ses métabolites actifs. A ce jour, aucune interaction cliniquement significative n’a été relevée.
Élimination
Le tramadol et ses métabolites sont excrétés pratiquement complètement par voie rénale. La demi-vie d’élimination est d’environ 6 heures, indépendamment des modalités d’administration. Chez les patients âgés de plus de 75 ans, la demi-vie peut être prolongée d’un facteur 1,4.
Cinétique pour certains groupes de patients
Le tramadol et ses métabolites sont excrétés pratiquement complètement par voie rénale. L’élimination rénale cumulée atteint 90% de la radioactivité totale de la dose administrée. En cas d’insuffisance hépatique ou rénale, il faut s’attendre à un allongement minime de la demi-vie. Chez des patients présentant une cirrhose du foie, des temps de demi-vie de 13,3 ± 4,9 heures (tramadol) et de 18,5 ± 9,4 heures (tramadol O-déméthylé) ont été observés (resp. 22 heures et 36 heures dans un cas extrême). Chez les insuffisants rénaux (clairance de la créatinine < 5 ml/min), les demi-vies d’élimination étaient resp. de 11 ± 3,2 heures et de 16,9 ± 3 heures, resp. de 19,5 heures et de 43,2 heures dans un cas extrême.
La relation entre les concentrations sériques et l’effet analgésique est dose-dépendante, mais varie considérablement d’un patient à l’autre. Une concentration sérique de 100 ng/ml à 300 ng/ml est habituellement efficace.
Données précliniques
Après administration orale et parentérale répétée de tramadol pendant 6 à 26 semaines chez le rat et chez le chien et après administration orale pendant 12 mois chez le chien, les examens hématologiques, biochimiques et histologiques n’ont montré aucun changement lié au principe actif. Des manifestations neurologiques centrales sont survenues uniquement après des doses élevées, considérablement supérieures aux doses thérapeutiques: agitation, salivation, convulsions et réduction de la prise de poids. Les rats et les chiens ont toléré des doses orales de resp. 20 mg/kg et de 10 mg/kg, et les chiens des doses rectales de 20 mg/kg, sans présenter de réactions anormales.
L’expérimentation animale n’a pas révélé d’effets tératogènes, mais, à des doses élevées, une fœtotoxicité est apparue, liée à la toxicité maternelle:
Chez le rat, des doses de tramadol supérieures ou égales à 50 mg/kg/jour ont provoqué des effets toxiques chez les rates en gestation et un accroissement de la mortalité néonatale. On a observé dans la descendance des retards de croissance sous forme d’anomalies de l’ossification et des retards à l’ouverture vaginale et oculaire.
La fertilité des rats mâles n’a pas été altérée. Après des doses plus élevées (à partir de
>50 mg/kg/jour), les femelles ont présenté une réduction du taux de gestation.
Chez le lapin, des effets toxiques ont été mis en évidence chez les femelles à partir de 125 mg/kg et des anomalies squelettiques sont apparues dans la descendance.
Des indices d’effet mutagène ont été mis en évidence dans certains tests in vitro. Toutefois, les études in vivo ne suggèrent aucun effet mutagène. Selon les connaissances acquises à ce jour, le tramadol peut être considéré comme non mutagène.
Des études ont été effectuées chez le rat et la souris sur le potentiel carcinogène du chlorhydrate de tramadol. Les études chez le rat n’ont montré aucun signe indiquant une augmentation de la fréquence des tumeurs liée au principe actif. Dans l’étude chez la souris, on a noté une augmentation de la fréquence des adénomes hépatocellulaires chez les animaux mâles (augmentation dose-dépendante non significative à partir de 15 mg/kg) et une augmentation des tumeurs pulmonaires chez les femelles pour toutes les posologies (augmentation significative, mais non dose-dépendante).
Remarques particulières
Stabilité
Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date figurant après la mention «EXP» sur l’emballage.
Remarques particulières concernant le stockage
Conserver le médicament dans son emballage d’origine au sec et à température ambiante (15–25 C).
Conserver hors de portée des enfants.
Numéro d’autorisation
58254 (Swissmedic)
Présentation
Tramactil Uno 100 mg comprimés: emballages de 5, 15 et 30 [A]
Tramactil Uno 200 mg comprimés: emballages de 5, 15 et 30 [A]
Tramactil Uno 300 mg comprimés: emballages de 5, 15 et 30 [A]
Titulaire de l’autorisation
Gebro Pharma AG, 4410 Liestal
Mise à jour de l’information
Juin 2022